Dans beaucoup d’entreprises, le scénario est presque toujours le même .
Un collaborateur est reconnu pour son expertise. Il connaît parfaitement son métier. Il est fiable. Réactif. Autonome. C’est souvent celui qu’on appelle quand il y a un problème.
Alors naturellement, lorsqu’un poste de manager se libère, son nom arrive rapidement sur la table. Et honnêtement, cela paraît logique.
Après tout, pourquoi ne pas promouvoir quelqu’un qui maîtrise parfaitement le terrain ?
Pourtant, dans la réalité, cette transition est parfois beaucoup plus compliquée que prévu.
Non pas parce que la personne n’est pas compétente. Mais parce qu’être un excellent technicien et être un bon manager sont deux choses très différentes.
Ce sujet est d’ailleurs tellement fréquent qu’il porte un nom : le “principe de Peter”. Popularisé dans les années 70, il décrit le fait que les entreprises ont tendance à promouvoir leurs meilleurs experts vers des postes managériaux… sans forcément les accompagner dans ce changement de métier. Principe qui parle de promouvoir jusqu’au niveau d’incompétence….un article pour comprendre en 3 minutes de quoi on parle
Et aujourd’hui encore, ce phénomène reste extrêmement présent dans les PME, les structures techniques, les bureaux d’études ou les environnements industriels.
Formation management : un changement de métier plus qu’une évolution de poste
C’est souvent là que se situe le malentendu. Quand un collaborateur devient manager, il ne fait pas simplement “la même chose avec plus de responsabilités”. Son rôle change profondément.
Avant, on attendait surtout de lui qu’il maîtrise son activité.
- Qu’il produise.
- Qu’il résolve des problèmes.
- Qu’il avance vite et bien.
Demain, on va aussi attendre qu’il sache :
- organiser l’activité ;
- faire circuler les informations ;
- gérer des tensions ;
- donner du cadre ;
- accompagner des collaborateurs différents ;
- prendre du recul ;
- parfois recadrer ;
- et surtout faire réussir les autres.
Et cela demande des compétences totalement différentes.
Or beaucoup de nouveaux managers arrivent dans ce rôle sans véritable accompagnement. On considère encore parfois qu’un bon professionnel saura naturellement manager. Comme si le management relevait simplement du bon sens (spoiler alert : ce n’est pas le cas 😅).
Dans les faits, les choses sont évidemment beaucoup plus complexes.
“Avant, j’étais collègue. Maintenant, je dois manager”
C’est probablement l’une des transitions les plus inconfortables. Du jour au lendemain, le collaborateur change de posture. Il doit parfois manager des personnes avec lesquelles il travaillait encore la veille. Et ce basculement peut être très déstabilisant.
Certains nouveaux managers deviennent alors extrêmement rigides.
- Ils veulent prouver leur légitimité.
- Ils contrôlent tout.
- Ils interviennent partout.
- Ils ont peur d’être débordés ou de perdre la main.
D’autres font exactement l’inverse.
- Ils n’osent pas recadrer.
- Évitent les conflits.
- Prennent tout sur eux.
- Restent dans une posture de “copain” pour préserver la relation avec l’équipe.
Dans les deux cas, les tensions finissent souvent par apparaître.
Pas parce que ces personnes sont mauvaises. Mais parce qu’elles n’ont jamais appris à manager. Et honnêtement, peu de métiers demandent autant d’équilibre.
Il faut être capable d’être à la fois :
- proche sans devenir flou ;
- exigeant sans devenir dur ;
- disponible sans absorber tous les problèmes ;
- et légitime sans chercher à tout contrôler.
Dit comme ça, on comprend mieux pourquoi certains nouveaux managers ont parfois l’impression de découvrir une deuxième journée de travail… cachée à l’intérieur de la première.
Beaucoup de managers se retrouvent seuls face aux difficultés
C’est un sujet dont on parle encore trop peu.
Lorsqu’un collaborateur prend un poste managérial, il change souvent complètement de place dans l’entreprise.
Il n’est plus totalement dans l’équipe.
Mais il ne se sent pas encore complètement manager non plus.
Il devient souvent celui qui absorbe :
- les tensions ;
- les urgences ;
- les incompréhensions ;
- les frustrations ;
- les demandes contradictoires.
Et dans certaines entreprises, le manager de proximité finit même par devenir une sorte de “tampon” entre la direction et le terrain.
Avec le temps, cela peut générer beaucoup de fatigue.
Parce qu’au-delà des compétences techniques, le management demande aussi une vraie énergie émotionnelle.
Il faut gérer :
- les personnalités ;
- les conflits ;
- les inquiétudes ;
- les résistances ;
- les changements ;
- et parfois même les non-dits.
Autant dire qu’on est loin du simple suivi de planning.
Une formation management ne sert pas à fabriquer des managers “parfaits”
C’est souvent une crainte que l’on entend. Certaines personnes imaginent encore les formations management comme des contenus très théoriques, déconnectés du terrain, avec des phrases toutes faites et des méthodes impossibles à appliquer dans la vraie vie. Et c’est vrai que toutes le formations management ne se valent pas !
Heureusement, un bon accompagnement managérial n’a rien à voir avec cela.
Une formation management utile permet surtout de prendre du recul sur son fonctionnement. Elle aide à comprendre ce qui se joue dans une équipe. À mieux communiquer, poser un cadre clair, déléguer et gérer les désaccords sans laisser les tensions s’installer pendant six mois autour de la machine à café.
Elle permet aussi de rassurer beaucoup de managers. Parce que la plupart des difficultés qu’ils rencontrent sont en réalité normales.
Le problème, ce n’est pas d’avoir besoin d’aide lorsqu’on devient manager. Le problème, c’est souvent de penser qu’on devrait savoir faire seul.
Aujourd’hui, les équipes attendent autre chose du management
Le rapport au travail a beaucoup évolué. Les collaborateurs attendent davantage de clarté, de cohérence et de communication. Cela ne veut pas dire qu’ils refusent l’autorité ou les règles.
Au contraire.
Dans la majorité des cas, les équipes acceptent très bien un cadre clair lorsqu’il est compris, assumé et appliqué de manière cohérente.
Ce qui génère le plus de tensions aujourd’hui, ce sont souvent :
- les non-dits ;
- les changements de posture permanents ;
- le manque de communication ;
- ou les décisions incompréhensibles.
Le rôle du manager devient donc central dans le fonctionnement quotidien de l’entreprise. Et cette posture managériale ne s’improvise pas. Elle se construit progressivement. Avec de l’expérience, bien sûr. Mais aussi avec de l’accompagnement, du recul et des outils adaptés.
Former les managers, ce n’est pas “faire du confort RH”
Dans beaucoup de PME, la formation management reste encore perçue comme un sujet secondaire.
Pourtant, les conséquences d’un management fragilisé sont souvent très concrètes.
On les retrouve dans :
- les tensions d’équipe ;
- le désengagement ;
- les difficultés de communication ;
- le turn-over ;
- la fatigue des collaborateurs ;
- ou encore les conflits entre terrain et bureaux.
À l’inverse, un manager accompagné devient souvent un véritable relais de stabilité.
Pas besoin pour cela d’avoir un management “parfait” ou ultra théorique.
Les équipes attendent surtout :
- de la cohérence ;
- de l’écoute ;
- un cadre clair ;
- et quelqu’un capable de gérer les situations sans transformer chaque désaccord en épisode de série Netflix d’entreprise.
Et honnêtement, c’est déjà un très beau programme.
Formation management : accompagner les managers dans la réalité du terrain
Le management ne peut pas être standardisé. Chaque entreprise a son fonctionnement. Sa culture. Ses contraintes. Ses personnalités.
Dans les PME et les structures techniques, les enjeux sont encore plus sensibles parce que tout va souvent très vite.
– Les managers sont proches des équipes.
– La pression opérationnelle est forte.
– Et le temps pour prendre du recul est parfois quasi inexistant.
C’est précisément pour cela que les formations management les plus utiles sont généralement celles qui restent concrètes, pragmatiques et connectées à la réalité du terrain.
Parce qu’entre un manuel de management et un conflit entre production et bureaux un lundi matin à 8h12… il y a parfois un léger écart 😅 .

Écrit par Emilie GOYER - BPHR Conseil
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